Au fil des années, notre société a accumulé les appareils électriques, dont l’état de marche, de rechargement, ou de veille est signalé par une couleur lumineuse. Nos appartements sont remplis de lumières plus ou moins importantes, liées à des objets du quotidien auxquels on ne prête plus attention. Pourtant la nuit venue, il est désormais impossible de trouver le noir complet. Lorsque l’on éteint les lampes un monde de lumières rouges vertes et bleues s’offrent à nous, nous faisant redécouvrir un espace que l’on connaît par cœur, et la présence d’objets que l’on oublie presque.

Le lecteur se plonge dans ce monde RVB, découvrant un espace qui de jour est banal. La progression à l’intérieur du livre est rythmée par des extraits du texte Un homme qui dort de Perec. Le rapport texte/image est travaillé à partir d’un découpage de la page en 13 colonnes formant une grille de texte. Les prises de vues sont pensées et retravaillées pour que les éléments de la photo entrent dans cette grille.

 

Au fur et à mesure le travail de retouche est plus libéré, mélangeant parfois les images, composant les images comme un dessin. Ainsi, plus la démarche de dessinateur va prendre le pas sur la démarche de photographe, plus le lecteur va perdre doucement ses repères pour l’amener vers un univers plus abstrait, passant d’un espace personnel physique (la chambre, le salon, …) à un espace personnel mental.

 

Le livre est également rythmé par des doubles pages construites différemment des autres.
En effet celles-ci se basent sur certains passages d’Un Homme Qui Dort, où Perec décrit le phénomène de persistance lumineuse lorsque l’on ferme les yeux. Les formes blanches incontrôlables qui viennent se dessiner dans un brouillard. Pour illustrer ces passages, j’ai décidé d’utiliser des formes blanches abstraites, qui sont issues de prises de vues sous une couette, se mélangeant à un brouillard formé par le texte du livre se multipliant et se superposant de façon à saturer l’information. Si le phénomène de persistance lumineuse est dû à une saturation lumineuse, ici c’est la grille qui sature. Les extraits choisit, eux, se libèrent de la grille établie pour le texte renforçant cette idée de saturation, et apportent une approche plus libre de la typographie.

 

 

 

 

 

VEILLE

28,6cm x 40cm
68 pages

Le projet éditorial intitulé Veille, est un travail autour des lumières artificielles présentent dans nos intérieurs : chambres, bureaux, salles de bain, … Ce travail

est aussi une réflexion sur les connexions

entre la photographie et le dessin.

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